1. Prologue
- 1931, 1936. 3.02 mn
Musique
: Pierre Jean Trouette et Johann Bourquenez.
Arrangements et mixage : Francisco
Berchenko.
Narration : Manuel Gonzales.
- Espagne 1931.
- « 1931 »
- 24 millions d’habitants, la
moitié de la population est analphabète, 8 millions
de pauvres, 2 millions de paysans sans terres, 20 000 personnes possèdent
la moitié de l’Espagne, des provinces entières
sont la propriété d’un seul homme, salaire moyens
des travailleurs de 1 à 3 pesetas par jour, le kilo de pain
coûte 1 peseta. 20 000 moines, 31 000 curés, 60 000 religieuses,
5 000 couvents. 15 000 officiers dont 800 sont généraux,
1 officier pour 6 hommes, 1 général pour 100 soldats,
un roi…
- « Alphonse XIII. »
- « Le 12 Avril 1931, les candidats
monarchistes se font battre aux élections municipales. »
- Le roi se retire et la république
s’installe. Une république par surprise. Le peuple découvre
qu’il existe. Il a droit à la parole et au vote. Mais
les paysans sont toujours sans terres, les travailleurs sont toujours
sans travail.
- « ..., travail… »
- Tout le monde passe à l’action
en même temps. Les monarchistes contre la république,
les Catalans pour l’autonomie, les anarchistes contre l’Etat,
les paysans contre la guardia civil, la gauche s’ organise et
la droite se durcit.
- « 1936. Les élections
générales. »
- Deux fronts. Le front populaire et
le front national. Le front populaire gagne avec 4 millions de voix
contre 3 millions et demi pour la droite et obtient la majorité
absolue au parlement espagnol, les Cortes. Pour la première
fois en Espagne le front populaire est au pouvoir. Les paysans prennent
les terres inexploitées. On libère les mineurs d’Asturies.
Tous les salaires sont augmentés de 15%. 200 Eglises détruites,
300 assassinats politiques, 130 grèves spontanées, 10
journaux mis à sac.
- « Des généraux
protestent, on les exile. Franco aux Canaries, Goded aux Baléares.
Le 16 juin 1936, aux Cortes le leader de la droite, Calvo Sotelo menace
le gouvernement. Trois semaines plus tard… »
- « …ce fut le dernier
dimanche avant que commence la guerre civile espagnole. Le 12 juillet
1936 fut assassiné un officier des gardes d’assaut très
connu à Madrid, homme de gauche, le lieutenant Castillo. Ses
amis réagirent et décidèrent de se venger sur
une personnalité politique de droite. »
- « Calvo Sotelo est assassiné.
»
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2. Soulèvement militaire -
17, 18 juillet 1936. 2.23 mn
Christophe Giffard,
Denis Fedabeille,
- «
Par traîtrise, par ruse ou par conviction tombent aussitôt
Séville, Algeziraz, Cordoue, Grenade, l’Andalousie, La
Navarre, Oviedo et Saragosse. Le Pays Basque, Malaga, Barcelone, Madrid
résistent victorieusement et désarment les rebelles.
Franco
déclare : « L’Espagne est sauvée ».
Le Président de la république, Manuel Azaña,
proclame « La république continue ».
En fait,
la guerre civile commence. »
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3. Vers la guerre civile - fin juillet
1936.
3.22 mn
Ecrit par PJ. Trouette et D. Fedabeille.
Direction des cordes : PJ. Trouette.
Arrangements et mixage : D. Fedabeille.
Interprète : Joan Chic ensemble.
Narration : Anyka Asín Ainoza
et Manuel Gonzalez.
- Pour
des millions d’hommes, la guerre civile c’est l’espérance.
Pour les journaliers qui travaillent un jour sur deux, pour les yunteros
qui se louent avec leurs mules, pour les rabaceros qui sont renvoyés
quand meurt la vigne, pour les paysans de Gallice, de la Manche, d’Estremadure,
d’Andalousie. Ceux qui sont écrasés par les impôts
depuis de siècles, l’impôt à l’Etat,
l’impôt au seigneur, l’impôt du sang, pour
tous ceux qui ont faim depuis des siècles, pour tous ceux qui
n’ont rien, la guerre civile c’est l’espoir.
- Pour
les autres, la guerre civile c’est la foi. Pour les défenseurs
de l’Espagne éternelle, pour ceux qui veillent l’empire
de Charles Quint et du Christ Roi, pour les descendants des conquistadors,
pour les mystiques de Sainte Thérèse d’Avilla,
pour l’ Espagne de la croix et de l’épée,
pour ceux qui ont toujours besoin de croisades, la guerre est une
nécessité.
- Queipo
de Llano lance de Radio Sevilla les consignes nationalistes. Le général
Mola organise l’armée du Nord, Franco l’armée
d’Afrique, la bourgeoisie nationaliste apprend le nouveau geste
à la mode : le salut fasciste.
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4. La mentira fabulosa de 20 siglos.
2.14 mn
Denis Fedabeille, Francisco Berchenko.
Narration : Manuel Gonzalez.
- «
Le peuple, magnifique dans sa fureur, a fait échouer le lâche
propos de quelques militaires sans honneur alliés à
la bourgeoisie et aux noirs corbeaux de l’Eglise inspirés
par le Vatican.
L’Eglise catholique a mis à nue son âme pourrie,
elle a défait en quelques heures le fabuleux mensonge de vingt
siècles. »
- La plus
grande force d’Espagne, l’Eglise prend ouvertement partie
dans la rébellion.
- «
Le… fabuleux... mensonge… mensonge… de vingt siècles.
»
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5. Ramon Acín - 6 août
1936. 4.29 mn
Ecrit par Johann
Bourquenez.
Direction des cordes : Johann Bourquenez.
Interprèté par Joan Chic
ensemble.
Prise de son et mixage : Denis Fedabeille.
Narration : Anyka Asín Ainoza,
- C’est
alors qu’il était déjà caché que
la tragédie est arrivée. De sa cachette il avait entendu
frapper à la porte et rapidement il se rendit compte qu’étaient
entré des phalangistes qui commencèrent à violenter
sa femme. Et, comme celle-ci refusait de leur dire où était
son mari, ils la frappèrent violement jusqu’à
ce qu’il n’en puisse plus et qu’il sortit pour se
rendre de peur qu’on la tue par sa faute, puisque c’était
lui que cherchaient les phalangistes.
Mais
au bout du compte ils ne fusillèrent pas seulement Ramon, mais
aussi, Concha son épouse.
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6. Garcia Lorca - 16 août 1936.
4.08 mn
Musique : Giffard,
Denis Fedabeille, Francisco Berchenko.
Poème : Antonio Machado en hommage
à Federico Garcia Lorca.
Narration : Manuel Gonzalez.
.
- «
On a tué celui qui disait : « Vert c’est toi que
j’aime. Vert, vert du vent et vert des branches. Le cheval sur
la montagne et la barque sur la mer. » Il aimait les jardins
secrets de Grenade, il aimait le vent, les oliviers. Il avait dit
: « Je suis et je serais toujours du côté de ceux
qui ont faim. » Il avait dit : « Si je meurs, laissez
la fenêtre ouverte. » Il avait dit : « Non ! Ce
sang je ne veux pas le voir. » A Grenade, dans sa Grenade, fût
arrêté, jugé, condamné à mort, exécuté
le lendemain, le poète Federico Garcia Lorca. »
On l’avait
vu, cheminant entre des fusils
par une
longue rue,
apparaître
dans la campagne froide,
encore
étoilée, la campagne du matin.
Ils ont
tué Frédéric à l’heure où
surgissait la lumière.
Le peloton
des bourreaux
n’osait
le regarder en face.
Ils ont
tous fermé les yeux,
Ils ont
prié : Dieu lui-même ne te sauverait pas!
Il est
tombé mort, Frédéric
- sang
au front et plomb aux entrailles. –
…Il
y a eu un crime dans Grenade !
Vous savez
? – pauvre Grenade !
–
Sa Grenade !...
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7. Ejercito popular - 10 oct. 1936.
1.47 mn
Christophe Giffard,
Denis Fedabeille, Francisco Berchenko.
- «
Ils n’ont pas peur de la mort, mais ils ont peur de mourir.
Car ce sont des civils, soldats du peuple, soldats de la vie et non
de la mort. »
«
Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! ... »
«
A une armée il faut opposer une autre armée.»
«…Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! Liberté ! Liberté ! Liberté
! Liberté ! »
|
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8. Miguel de Unamuno - 12 oct.
1936. 1.42 mn
Denis Fedabeille,
Francisco Berchenko.
- «
Personne ne proteste, sauf un homme, le vieux philosophe Miguel de Unamuno
auteur du Sentiment tragique de la vie, recteur de l’université
de Salamanque, maître à penser de sa génération,
resté à la tête de son université en territoire
nationaliste. »
- «
Il y a des circonstances, où se taire est mentir. Je viens d’entendre
un cri morbide et dénué de sens : Vive la Mort ! Ce paradoxe
barbare est pour moi répugnant. Le général Millan
Astray est un infirme, ce n’est pas discourtois, Cervantes l’était
aussi. Malheureusement, il y a aujourd’hui en Espagne beaucoup
trop d’infirmes.
Je souffre
la pensée que le général Millan Astray pourrait
fixer les bases d’une psychologie de masse. Un infirme qui n’a
pas la grandeur spirituelle d’un Cervantes recherche habituellement
son soulagement dans les mutilations qu’il peut faire subir autour
de lui.
Vous vaincrez parce que vous possédez plus de force brutale qu’il
ne vous en faut, mais vous ne convaincrez pas, car pour convaincre il
faudrait que vous persuadiez. Or, pour persuader, il vous faudrait avoir
ce qu’il vous manque : la raison et le droit dans la lutte. Je
considère comme inutile de vous exhorter à penser à
l’Espagne. J’ai terminé. »
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9. Al soldado internacional - 13 oct.
1936, 15 nov. 1938.
Musique : B. Akoto,
PJ. Trouette et J. Bourquenez.
Prise de son : Denis Fedabeille.
Mixage : D. Fedabeille et F. Berchenko.
Poème : Miguel Hernández
- voix : Manuel Gonzalez.
.
S’il
y a des hommes qui recèlent une âme sans frontières,
un front
parsemé de cheveux mondiaux
couvert
d'horizons, navires et cordillères,
par le sable
et la neige, tu es l'un d'entre eux.
Les nations
t'appelèrent de tous leurs drapeaux,
que ton
souffle emplira de beaux mouvements.
Tu voulus
apaiser la soif des panthères,
et tu ondoyas
contre leurs coups.
Avec le
goût de tous les soleils et les mers,
Espagne
t'accueille car en elle tu réalises
ta majesté
d'arbre qui embrasse un continent.
A travers
tes os pousseront les oliviers
déployant
dans la terre ses plus fermes racines,
embrassant
les hommes universel, fidèlement.
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10. Madrid resiste - 8, 18 nov. 1936.
1.55 mn
Composition et mixage : Francisco Berchenko
Narration : Anyka Asín Ainoza,
Manuel Gonzalez.
- Madrid
c’est le cœur. Aux généraux rebelles, Franco,
Mola, Queipo de Llano, Vala, Yagüe, à la phalange, et à
l’Eglise il manque Madrid.
- Franco
charge les Allemands de la légion Condor de bombarder systématiquement
Madrid. Pour la première fois dans l’histoire ils pourront
procéder à une nouvelle expérience : la démoralisation
de l’ennemi par les bombardements aériens systématiques
des populations civiles.
- «
La radio franquiste de Salamanque déclare : « L’Espagne
n’est pas dans les édifices ni dans les villes, elle se
trouve dans les idées et dans le génie de Franco. Nous
sommes en guerre ! En avant ! Et jusque par-dessus nos morts!»
- Un million
d’habitants, 500 000 réfugiés. Les caves et le métro
ne peuvent abriter que 100 000 personnes.
- «
La lâche aviation ennemie bombarde et mitraille systématiquement
femmes et enfants. Contre cela il est impératif d’exécuter
strictement les ordres du haut commandement.
Madrid,
cœur de l’Espagne bat des convulsions de fièvre. Si
hier son sang bouillonnait, aujourd’hui, c’est avec plus
de ferveur qu’il bouillonne. Il ne pourra plus jamais s’endormir,
car si Madrid s’endort il voudra se réveiller un jour et
l’aube viendra à sa rencontre. »
- Nous avons
dû évacuer les enfants de la ville. Les femmes restent
pour amener la nourriture aux hommes. Nous avons dû faire partir
les enfants. Il ne reste plus un seul sourire à Madrid.
- Madrid
résiste sous la pluie, le froid et la faim. Derrière chaque
fenêtre il y a un homme avec un fusil.
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11. Buenaventura Durruti - 18 nov.1936.
1.45 mn
Denis Fedabeille, Francisco Berchenko.
- Certains
commandaient avec orgueil, d’autres obéissaient avec colère.
- Colère.
- «
Durruti dit à ses anarchistes : Nous devons remettre à
demain beaucoup de réformes, d’abord, la victoire. »
- «
Le leader ouvrier Durruti et le commandant Pérez Farràs
marchent à la tête de cette invincible caravane de miliciens…»
- «
Celle de Durruti, la meilleure ! »
- «
…qui rendra sa liberté au peuple frère, au noble
peuple aragonais. »
- Colère.
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12. Bataille du Jarama - 6, 28 fév.
1937.
1.33 mn
Cordes écrites et dirigées
par Johann Bourquenez.
Interprétation : Joan Chic ensemble.
Arrangements, mixage : D. Fedabeille,
F. Berchenko.
Narration : Manuel Gonzalez..
(Variation
sur le thème de " Jarama Valley ", hymne du batallon
des volontaires nord-américains "Abraham Lincoln",
originalement chanté sur la musique de “ Red River Valley
” de Pete Seeger, Woody Guthrie et Lee Hays. )
- Vallée
du Jarama, Jarama valley, valle del Jarama, ceux qui sont morts ici
parlaient toutes les langues.
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13. Bataille de Guadalajara - 8, 18
mars 1937. 3.06 mn
Musique : Denis
Fedabeille et Christophe Giffard.
Contrebasse : Pierre-Jean Trouette,
Percussions : Bonaventure Akoto.
- Mussolini
veut triompher là où Franco a échoué. Il
veut pour lui la gloire de faire tomber Madrid.
- Le 8 mars
1937, 30 000 Italiens appuyés par 20 000 légionnaires
marocains et carlistes précédés par 250 chars attaquent
le front républicain à Guadalajara.
- Face à
ce danger, la division Lister regroupée derrière les chars
russes du général Pavlov contre-attaque. Démoralisés
par la puissance de cette contre-attaque les Chemises Noires fuient.
- C’est
une défaite.
- A 1 contre
5 les républicains gagnent la bataille de Guadalajara. Mussolini
déclare : « Tous les Italiens qui ne rentreront pas vainqueurs
seront fusillés. »
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14. Guernica - 26 avril 1937.
3.11 mn
Musique : Denis
Fedabeille.
Narration : Anyka Asín Ainoza.
- Il y avait,
au Pays Basque, une ville sainte qui s’appelait Guernica. Depuis
des siècles, sous le vieux chêne de Guernica les rois d’Espagne
venaient jurer tous les ans de respecter les libertés des Basques.
Sous le chêne de Guernica la sainte, les anciens venaient rendre
la justice.
- Le dimanche
26 Avril 1937, était comme tous les dimanches, jour de marché
à Guernica. A cinq heures de l’après midi, des quatre
collines qui forment l’horizon de Guernica…
«
un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf… »
«
La légion Condor expérimente une nouvelle méthode…
dite du tapis de bombes. »
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15. Euzkadi
- 19 juin 1937. 5.20 mn
Composition : Christophe
Giffard.
Arrangments, mixage : C. Giffard et F.
Berchenko.
Contrebasse : Pierre-Jean Trouette.
Poème : Miguel Hernández.
Voix : Manuel Gonzalez.
Tant qu’on n’a pas tout perdu, on n’a rien perdu.
«
L’artillerie Italo-allemande de l’armée franquiste
a brisé le cercle de fer. L’armée basque écrasée
par la supériorité mécanique livre à un
contre trois un combat d’arrière garde. Bilbao est tombée.
»
L’Italie
et l’Allemagne ont dilaté leurs voiles de boue vermoulue
elles ont
regroupé, elles ont semé leurs funèbres toiles,
elles ont
lancé leurs plus noires araignées de leurs nids.
Contre
l’Espagne elles sont tombées, et l’Espagne n’est
pas tombée.
L’Espagne
n’est pas un grain,
ni une
ville, ni deux, ni trois villes.
L’Espagne
ne s’emporte pas avec la main
qui sème
sur sa terre des poignées de cruauté.
Les navires
envahisseurs n’avalent pas la mer,
tant qu’il
existe un arbre dans la forêt elle n’est pas
perdue,
un mur
tient sur une seule brique.
L’Espagne
se défend des traîtres revers,
et elle
avance, lutte, et elle mord
tant qu’il
lui reste un homme debout
comme un
couteau.
Tant qu’on
n’a pas tout perdu on n’a rien perdu.
Tant que
respirera avec rage un espagnol
fulgurant
comme une épée,
on perdra
? Mensonge !
Regardez,
non pas l’adversité qui arrive
mais le
favorable que promet le futur
les larges
avenirs qui là-bas oscillent.
L’acier
ne cède pas,
le bronze
garde sa couleur et sa dureté,
la pierre
ne mollit pas pour autant qu’on la frappe.
Il ne nous
reste pas qu’un homme, mais des millions,
ni un cœur
qui chante : je suis un mur !
qui est
une immensité de cœurs.
En Euzkadi
sont tombés je ne sais combien de lions
et une
ville par l’invasion défaite.
Son souffle
de silence nous anime,
et sa valeur
redouble dans nos poitrines
traversant
l’Espagne par-dessous et par-dessus.
Il ne faut
pas pleurer, car ce n’est pas l’heure,
hommes
dont sur la peau se reflète
la liberté
de la mer travailleuse.
Quiconque
pleurera, quiconque se lamentera
contre
la pierre hostile de la démotivation,
celui qui
s’occupe d’autre chose qui n’est pas le
combat,
ne sera
pas un vainqueur, il sera un lent vaincu.
Espagnol,
au secours
de tout
ce qui a été perdu.
Je vaincrais
! Crie à chaque instant
pour ne
pas être vaincu.
S’il
ne nous restait qu’un grain,
Nous sauverons
l’Espagne avec un grain
La victoire
est un feu qui illumine notre visage
d’un
mont lointain chaque fois plus proche.
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16. Belchite 452 - 27 sept. 1937.
4.52 mn
Johann Bourquenez.
«
Bombardements ... »
«
..., bombardements ... »
«
…(commentaires inaudibles) Ostia ! …exagéré
de, de, de…il a des murs… commentaires inaudibles) »
«
Cette église est complètement détruite pendant
la guerre »
«
..., bombardements ... »
«
Et après Franco a dit que c’est un monument, un lieu emblématique
de l’esprit national et c’est pour ça qu’il
y a, qu’il y a … »
«
ils ont laissé, ils ont laissé… il a laissé
ça... »
«
1954 c’est l’inauguration officielle. Franco vient ici à
faire l’inauguration. »
«
…et pendant l’offensive républicaine, quand vient
Durruti pour prendre Saragosse c’est là qu’on pense
que Belchite va tomber rapidement, mais ici on commençait à
concentrer des armées, autant le camp national que le camp républicain,
et là … et il y a treize jours de siège et c’est
comme ça jusqu’en Mars 38, Mars 38 c’est quand est
déjà tombé, …c'est-à-dire que la République
pense que Barcelone va bientôt tomber et la zone de l’Ebre
est déjà très affaiblie. La bataille de l’Ebre
est déjà gagnée par la droite. Alors l’entrée
des nationaux à en Mars 38 est plus commode que celle des républicains
pendant l’été 38. »
«
… ils ont chargé un camion… une remorque de blé
» « Il faut faire les combats maison à maison. »
«
…maison par maison, après là…ils ont bombardé,
ils ont résisté. Ici, pendant toute une série de
photos de cette maison avec des sacs de sable là, les gens barricadés
aux fenêtres entrain de résister… et bien sûr
quand ils vont rentrer ils doivent rentrer maison par maison…»
«
Belchite tranquille jusqu’à… 24 août de 1937,
offensive républicaine pour prendre Saragosse. Quand, quand arrivés
à Belchite y a plus de… résistance qu’ils
ont pensé. »
«
Treize jours le…, le…, le village fermé et le 6 septembre
c’est le jour que les républicains entrent à Belchite,
et après l’aviation italiane et germane avec l’aviation
bombe … euh, pour… pour faire la possibilité de sortir
les républicains. »
«
C’est pour ça que la destruction c’est autant des…,
des fascistes comme des républicains. »
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17. El paso del Ebro - 24 juillet, 15
nov. 1938.
1.42 mn
Composition et direction des cordes :
Johann Bourquenez
Interprétation : Joan Chic ensemble.
Arrangements et mixage : Francisco Berchenko.
(Variation
du thème du même nom qui est une chanson populaire du XIXéme
siécle, que chantaient les guerrilleros espagnols qui combattaient
les troupes de Napoléon en 1808. Au fil du temps les paroles
ont été adaptées aux circonstances sociales et
politiques. Durant la guerre civile il y eut diverses versions et elle
était connu sous plusieurs noms : El paso del Ebro - Ay, Carmela
- Viva la 15ª brigada.)
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18. La despedida - 28 oct. , 15 nov.
1938.
2.50 mn
Ecrit, arrangé
et mixé par Denis Fedabeille
Piano électrique : Johann Bourquenez..
(Variation
sur le thème du film de Frédéric Rossif "Mourir
à Madrid" (1963) composé par Maurice Jarre et ensuite
de " Die einheitsfront ", paroles de Bertold Brecht et musique
d'Hans Eisler, chant révolutionnaire allemand de l'entre-deux
guerres)
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19. Chute de Barcelone - 23 déc.
1938, 26 janv. 1939.
6.05 mn
Composition : Pierre-Jean
Trouette.
Composition et mixage : Denis Fedabeille.
vibraphone : Cesar Peris.
-
Après les bombardements. Dans l’école «Mila
i Fontanals» le silence était impressionnant. Le socle
de l’édifice semblait ébranlé par l’impact
des explosions et au pied de ce socle il y avait six corps gisant. Un
enfant et cinq adultes. Ils étaient mort (...)
-
La détresse de la mère de cet enfant mort me touchait
alors que j’observait sa lutte désespérée
: Elle tirait vers elle le corps de son fils alors qu’un homme
tentait de le lui prendre.
-
Au final tous les efforts de la mère furent inutiles. Elle dû
se résigner à voir le corps de son enfant entassé
sur les autres cadavres qui étaient déjà dans le
camion qui les emporterait au dépôt de la clinique.
- «
Franco veut et prépare la victoire totale. »
- «
Les nationaux pénètrent par la Diagonale, nous sommes
le 26 janvier 1939. Au milieu des acclamations de la foule sont accueillis
les colonnes victorieuses. Sur la place de Catalogne on célèbre
la première messe après l’occupation de la ville
durant laquelle on enregistre de grands moments d’émotion.
»
- « On m’a monté
contre mon père et l’Espagne républicaine, je devais
être comme eux, comme les vainqueurs. Toute mon éducation
a été le « cara al sol », ils m’ont
volé mon enfance, ils l’ont tuée en 36… »
________________________________
20. Chute de Madrid - 28 mars 1939.
1.30 mn
Musique : C. Giffard,
D. Fedabeille et F. Berchenko.
Instrumentistes : Bonaventure Akoto,
Johann Bourquenez.
Narration : Anyka Asín Ainoza.
- Offrant
un spectacle désolant de famine et de désillusion, Madrid
se rend. Abandonné par les membres du Conseil National de Défense
qui fuient, la panique s’installe le 28 Mars. Des dizaines des
milliers de soldats et de civils se précipitent sur les routes
en direction des ports méditerranéens. La plupart n’y
arriveront jamais.
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21. Cessation des hostilités
- 1er avril 1939.
2.51 mn
Musique : B. Akoto, PJ. Trouette, J.
Bourquenez.
Arrangements, mixage : F. Berchenko.
Narration : Anyka Asín Ainoza.
- «
Espagne ! Une ! Espagne ! Grande ! Espagne ! Libre ! Allez l’Espagne
! Allez ! »
- Au matin
du 1er Avril 1939, au moment où les derniers prisonniers se font
encore tués à Alicante le général Franco
peut enfin publier son communiqué de victoire. Ce jour là,
écrit il de sa main : « L’armée rouge étant
captive et désarmée, les troupes nationales ont atteint
leurs derniers objectifs militaires. La guerre est finie. »
- La paix
réelle ne règne pourtant pas encore. Depuis trois jours
l’armée franquiste occupe Madrid comme une capitale ennemie,
pourchassant les vaincus. Partout, elle jette les bases de l’oppression
d’une Espagne par l’autre.
- «
Aujourd’hui, l’armée rouge étant captive et
désarmée les troupes nationales ont atteint leurs derniers
objectifs militaires. La guerre est finie. »
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22. Epilogue - 1939, 1975. 3.42
mn
Denis Fedabeille.
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